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Les matrices : quand les mathématiques deviennent un langage
Dans Le Théorème lumière, les mathématiques ne constituent pas seulement le décor scientifique de l’histoire. Elles deviennent progressivement un véritable moyen de transmission de l’information.
L’une des énigmes centrales du roman repose sur quatre matrices 3×3, toutes triangulaires supérieures. Leur apparente simplicité cache pourtant une structure soigneusement construite.
Les quatre matrices utilisées sont :

On constate que tous les nombres sont premiers.
Pourquoi des matrices triangulaires ?
Une matrice triangulaire possède une propriété particulièrement pratique : son déterminant est simplement égal au produit des termes de sa diagonale.
Les trois premières matrices associées à des valeurs positives ont un déterminant égal à +1, tandis que la matrice destinée à coder une valeur négative possède un déterminant égal à -1.
De plus, puisque

un déterminant égal à 1 ou à -1 reste inchangé lors de l’inversion.
Cette propriété fournit donc un premier indice : le signe de l’information transmise.
L’information apparaît lors de l’inversion
Pour une matrice de la forme

son inverse s’écrit :

Le terme situé dans le coin supérieur droit fait donc apparaître une nouvelle valeur, issue directement des nombres contenus dans la matrice.
En appliquant le même principe aux quatre matrices du roman, leurs inverses deviennent :

Quatre nombres apparaissent donc exactement à la même position :

Ce n’est plus une coïncidence.
De quatre nombres à quatre coordonnées
Les trois premières valeurs peuvent naturellement être interprétées comme les coordonnées d’un point dans un repère orthonormé :

L’origine du repère est située… Il faut lire le roman !
Les deux premières coordonnées permettent de localiser un point situé à environ :

de l’origine.
La troisième apporte une information supplémentaire : z = -6
Le point recherché se trouve donc : Il faut lire le roman !
Mais il reste un quatrième nombre : 1 841 950
Il ne s’agit plus d’une coordonnée spatiale.
Les personnages comprennent alors que le système ne décrit pas seulement un lieu, mais un événement dans l’espace et dans le temps : (x,y,z,t)
La quatrième valeur représente une durée exprimée en minutes. Son origine temporelle correspond à un événement fondamental de l’histoire : Il faut lire le roman !
Ainsi, les quatre matrices ne désignent pas simplement où quelque chose doit se produire.
Elles indiquent également : Il faut lire le roman !
Des mathématiques réelles au service de la fiction
Les matrices utilisées dans Le Théorème lumière ont été construites spécialement pour le roman. Leurs propriétés — déterminants, inverses et calculs matriciels — sont cependant mathématiquement exactes.
L’objectif n’est pas de transformer le récit en manuel d’algèbre linéaire, mais d’utiliser les mathématiques comme ce qu’elles sont au cœur de l’histoire :
un langage capable de transmettre une information là où les mots ne suffisent plus.